A l'âge de 18 ans, en tant qu'animateur, il traversera la Scandinavie en bus avec les jeunes de son quartier. Ce premier voyage lui aurait-il révélé une passion pour le reportage ? Par la suite, Dimitri Leprêtre repartira à l'aventure ou peut-être en quête d'une expérience initiatique, seul, sur le toit du monde, où il capturera de son oeil sensible des visions que l'occident ignore.
En France, en Seine-saint-denis, et ce depuis quatre ans, Dimitri Leprêtre travaille sur un tout autre univers, bien moins ancré dans le réel que dans le fantasme, il explore l'aura féminine, inexplicable pour la raison, sous une lumière sculptée de surréalisme, d'esthétisme sulfureux, de fétichisme décalé, de la douce joie de vivre des pin-up d'aujourd'hui. Il photographie les femmes qu'il fixe dans des atmosphères toujours plus surprenantes, des espaces intemporels suspendus par le mystère des décors qui les habitent, où le corps et la personnalité de la femme viennent s'inscrire pleinement. Dans un palace parisien, lors du fameux bal "LOUIS XIV", il improvise un studio photographique dans les toilettes sous le regard amusé de l'organisateur !
Autodidacte du médium photographique, les visions cinématographiques de Bunùel, d' Abel Ferrara, de David Lynch, de Fritz Lang, de Pan Nalin, des films noirs américains des années 40-50 l'influencent tout autant que celles de photographes tel que Brassai, Atget, le studio Harcourt et plus contemporains comme Christophe Mourthé ou les mises en scéne flashy de David Lachapelle. La musique est la bande son de son existence. C'est avec les voix de Dead can Dance, Diana Krall, Sonic Youth et Ange dans les oreilles qu'il a traversé le Népal en plein chaos. En Inde, il est monté à la source du Gange pour écouter de la musique sacrée dans un monastère accroché aux contreforts de la chaîne himalayenne.
Florence AGRATI